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Motivations

  • 10 nov 2006 at 10:51 PM
lune
Je ne sais pas si c'est le NaNo qui fait péter un de mes derniers plombs, mais j'analyse tout le monde et leurs actions en terme de "motivations," maintenant. Le pire c'est que l'expression qui me vient en tête à chaque fois c'est "character motivation." Je fictionnalise tout le monde, de mon prof mangeur de bébés aux gens bourrés qui sonnent pas chez eux à 1h du matin à la personne qui dit de son petit ami des choses différentes du comportement que celui-ci montre en public.
Dans un sens, c'est mieux pour moi, parce qu'au lieu de me creuser la tête jusqu'aux vertèbres à essayer de comprendre ce que pensent ou cherchent les gens, je m'approprie leurs actions et j'en fais ce que je veux sans me soucier de la vérité ou de sous-entendus réels que j'aurais raté. Je suis nulle à ça, ce n'est pas nouveau ; je me contente d'essayer de limiter les bourdes (gagnante du jour : "That's because I'm quite close to my parents, I think. What about yours?" - "My mother passed away six years ago.").

Enfin. Je suis frustrée, là, ça passera demain mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi les gens, les "amis", se sentent obligés de nous "prévenir" pour nous éviter de "garder nos illusions" sur à quel point on n'a pas de futur parce que les entreprises se foutent de notre gueule, il n'y a que l'argent qui compte, une fois que tu commences à travailler tu n'as plus de vie, etc, etc, etc, avec le sourire en coin et de l'acide dans la voix, le cynisme résonnant si fort que même le thé en devenait amer.
En fait, on peut généraliser encore plus. Les gens qui se sentent obligés de nous administrer les coups de poing eux-même, dans n'importe quel domaine, parce que si ce n'est pas eux ce sera quelqu'un d'autre qui le fera. Ou la vie, quoi que ce soit.
En fait c'est surtout de la part des amis que j'ai du mal à encaisser - pour moi un ami ça peut prévenir qu'attention, tout n'est pas rose bonbon, et puis il reste à nos côtés, et nous aide à ramasser les morceaux quand on se casse les dents au final. Pas besoin de dresser un tableau sinistre qui donnerait envie à un Bisounours de se pendre.

Enfin, je ne sais pas, moi-même voir un inconnu qui se plante sur un truc que je sais, sur lequel je pourrais ou j'aurais pu aider, ça me met mal à l'aise. Je ne vois pas l'intérêt de lui tourner autour avec un sourire méprisant en ricanant "Hahaha, tu t'attendais à quoi d'autre, petite chose naïve ?" -- parce qu'avant, après, c'est la même chose.

Ca me chagrine de me dire que dans 20 ans, il y a des chances que je sois devenue une connasse qui écrase les autres pour monter les échelons et gagner plus de fric sans état d'âmes et avec un rictus à faire frissonner Satan, mais bon. Je compte tenter d'éviter ça, quitte à rester un pion dans un cubicle.
Ou pas ?

"Future is blight" -- indeed.

Allez, il me reste à peine plus de 200 mots à écrire pour atteindre les 20 000, je vais essayer de faire ça avant d'aller me coucher et m'empêcher de dormir en m'interrogeant sur les motivatons. Il y a deux ou trois portes que je vais devoir fermer pour avoir une chance de comprendre celle-là, je pense. Ce sera quelque chose à utiliser dans une autre histoire, ailleurs, qui avec un peu de chance me débarrassera de la sensation de goudron qui me colle à la peau.


EDIT du lendemain matin: Je me suis rendue compte en me lavant les dents hier soir que ce n'était pas à moi, qu'il parlait. Il parlait au lui d'il y a 20 ans, et si le cynisme était si acerbe c'est parce qu'il y avait aussi de la colère contre lui-même d'avoir été si naïf, et de la rancoeur contre ceux qui avait détruit ça.
Je pense que c'est souvent comme ça, que ça passe, pour les gens qui donnent les coups de poings eux-même. Ils ne se rendent pas compte qu'ils parlent tout seul. Ou bien, ils parlent comme on aurait aimé qu'on leur parle -- sauf que la personne en face d'eux n'est *pas* eux. Je fais la même chose ; la différence c'est que moi je ne suis pas partisante de la méthode du coup de poing donc ça se voit moins, parce que c'est moins violent.
C'est assez logique, de comprendre ce qu'il y a derrière, en fait. En théorie un coup de poing donné par un ami fera moins mal que la même chose administrée par un inconnu, qui en plus décidera peut-être de nous marcher dessus ensuite avant de nous pisser dessus et partir en rigolant.
Quand même.
Je préfère me prendre des coups par des inconnus et retourner lécher mes blessures près de mes amis, plutôt que d'être confrontrée à un regard ou des mots "Je te l'avais bien dit" en revenant ^^;
Pour la personne ayant dit "Future is blight," je n'ai aucune idée ni de ses émotions, ni de ses motivations ; mais ça a été comme ça depuis le jour où je l'ai rencontrée alors ça ne m'étonne pas trop.

Blogs d'auteur

  • 14 oct 2006 at 10:41 AM
espace
Je me pose pas de mal de questions sur les blogs d'auteur. Je veux dire, "écrivains publiés ou sur le point de l'être, qui se servent de l'outil blog pour se faire connaître." Ou pour autre chose. Juste, ils blogguent. Il y a eu un post intéressant là-dessus sur Romancing the blog, récemment [ANG] : les blogs d'auteurs ont tendance à n'attirer que d'autres auteurs, souvent apprentis curieux (ou assoiffés) d'en savoir plus sur ce qu'il se passe "de l'autre côté", de trouver des conseils et astuces sur l'écriture. Les lecteurs s'en fichent un peu, de ce que l'auteur a à dire, surtout si celui-ci se focalise sur son processus d'écriture dans les détails... Ou parle de ce qu'il mange au petit déjeuner... "Les lecteurs ne veulent pas être votre ami", dit l'auteur de l'article. Ils sont plus intéressés par ce que d'autres lecteurs ont pensé de votre livre.

C'est vrai qu'en général, quand je commence à lire un blog d'auteur, c'est parce que je veux en savoir plus sur sa façon de faire, observer pour peut-être voir si je pourrais utiliser certains trucs aussi. En savoir plus sur le processus de publication, histoire d'éviter de faire des boulettes de boulets si un jour ça m'arrive, ou qui m'empêchent d'y arriver un jour ;)

Mais bon, en même temps, je m'attache à la voix des gens derrière et si je trouve qu'ils disent des trucs intéressants, je vais forcément finir par devenir curieuse de lire leurs livres. J'ai déjà fait ça pour plusieurs auteurs (Holly Lisle - Talyyyyyn !), il y en a d'autres qui s'encastrent dans la partie "A lire" de mon cerveau.

En général, toutefois, pour faire un blog intéressant il faut parler aussi un peu de soi, même si juste derrière d'autres événements. Je ne pense pas qu'on puisse se focaliser sur un sujet unique et en parler régulièrement de façon intéressante pendant des mois ou des années. J'aime beaucoup le blog de Beth Ciotta [ANG] par exemple. Elle a une voix très sympa, elle prend le temps de répondre aux commentaires, elle interpelle souvent ses lecteurs et elle parle d'autres choses, parfois : ses animaux, son deuxième job d'artiste ("performer", spectacles, animation, etc) et je trouve toujours ça super intéressant. La focalisation du blog reste quand même sur ses livres et sa vie d'auteur, mais parfois on voit un bout d'autre chose. Ca lui donne du relief, elle gère bien les "écarts", tout passe bien. Elle est tout en haut de ma liste "A lire".

Mais bon, il y a des dangers aux blogs aussi... "Vos lecteurs ne veulent pas être votre ami". Les abus de "soi". Et surtout les morceaux de soi que l'on affiche en public et qui peuvent rebuter. Je veux dire, "oui, on prend toujours le risque de déplaire nya nya nya ça veut dire qu'on touche c'est bien" mais euh... Lire un ramassis de conneries politique limite raciste et surtout COMPLETEMENT con au milieu de deux posts ultra intéressants, c'est à hurler, franchement. Je préfèrerais ne pas savoir qu'un auteur que j'apprécie pense comme ça. Je m'intéresse à son travail, mais je n'ai pas envie d'aller jusque là dans son psyché. Je ne vais pas arrêter d'apprécier l'auteur pour autant, parce que j'avais lu ses livres avant de lire ça, d'une, et parce que bon, ce n'est qu'on post. Si j'étais arrivé un jour pour la première sur une page d'auteur que je ne connais pas et que j'avais lu ça en haut du blog, par contre, je me serais cassée aussi vite en mettant l'auteur dans la case "A ne jamais lire."

Bon, j'en avais fait tout un autre paragraphe mais je vais plutôt m'arrêter là. Quelqu'un qui parle de politique que je n'aime pas, en général, je me contenterais de l'ignorer, je serais toujours capable d'apprécier ses livres. Quelqu'un d'ouvertement homophobe ou raciste, par contre, je m'en éloignerai en courant. Tant pis si je rate des chefs-d'oeuvre, j'arrive pas à passer outre pour le moment :/

En même temps, je ne suis pas sûre de ce que je raconte. Est-ce que je suis en train de dire que les auteurs devraient avoir un site et un blog totalement aseptisés de toute opinion personnelle ? De ne pas prendre de positions dangereuses ?
Non, ça me ferait mal qu'ils ne s'opposent pas à un truc qui leur tient à coeur s'ils estiment que c'est juste. Peut-être que ça l'est vraiment. Faut juste être conscient du risque qu'en faisant ça, ils perdent des lecteurs, mais de la même façon que "je m'en fous et ils ne m'intéressent pas", ces gens qui décideront de ne pas lire mon blog ou mes histoires à cause de l'homoérotisme, je suppose que ceux qui écrivent leurs articles homophobes ou racistes, "ils s'en foutent et ils ne les intéressent pas", ces pécheurs et criminels.

...Damn, je suis repartie là-dessus. Je voulais causer du fait que les blogs d'auteurs sont plus lus par d'autres écrivains, essentiellement apprentis, que de "vrais" lecteurs. Je voudrais dire que quand même, les écrivains sont des lecteurs, et que le blog n'est pas un outil de vente directe. Ca prend des mois, mais au final, souvent, j'achète ou j'emprunte les livres des auteurs... Et souvent, je m'en rends compte que décidément, ils savent de quoi ils parlent (ou au contraire, je n'apprécie pas du tout ce qu'ils font, finalement ^^;;).

Bon ben j'ai attendu d'être en forme pour faire l'entrée là-dessus, mais je suis partie dans tous les sens quand même. Lisez le post de Romancing the Blog, il est intéressant ;) Les commentaires le sont probablement aussi... :)

Coup de gueule

  • 15 sep 2006 at 12:49 PM
papillon noir
Ça commence à me soûler les gens qui parlent et agissent comme si envisager de se faire publier était un but honteux qui devrait rester caché.

Oh, c'est rarement dit aussi clairement. Non, non, c'est plus insidieux, ça se manifeste au détour de phrases, de messages, de posts. Une tournure de phrase qui dit "Oui, enfin, ce n'est pas bien de penser comme ça. Ca n'en vaut pas la peine." avec les encore moins subtils "Moi, j'écris pour l'art".

Franchement, je ne cautionne pas les gens qui écrivent UNIQUEMENT dans le but d'être publié, quand ils ne savent pas dans quoi ils se lancent ("Moi, je vais être un best-seller..."). Ils foncent dans le mur et ça donne en résultat des gens amers qui crachent sur les éditeurs et les gens publiés, parce qu'ils n'arrivent pas à envisager que la faute vient d'eux, ou que le système fait que seuls les plus persévérants ont une chance de réussir.
Je veux juste dire que vouloir être publié est un but aussi honorable que les autres, et que des gens qui aiment écrire et prennent l'écriture au sérieux peuvent AUSSI penser à la publication, sans pour autant être des rebuts de la littérature qui n'ont rien compris à l'écriture.

L'écriture, ce n'est pas facile.
Quand on décide d'essayer d'y ajouter "la publication", le chemin devient encore plus difficile et tortueux.

Je ne pense pas qu'il y ait besoin de rajouter les piques et coups des camarades-collègues écrivains à ça. Mais bon, après tout, "l'écriture est un métier solitaire", autant leur apprendre tout de suite à ne compter sur personne.

Honnêtement ? Sur les sites et forums anglophones, j'ai trouvé des articles et des gens incroyablement encourageants, qui m'ont fait comprendre que si j'y mettais l'effort, si je faisais de mon mieux et que j'étais prête à encaisser les refus et autres gifles sur le chemin, j'avais le droit de tenter ma chance.

Les persiflages "Tu te crois assez bien pour essayer ?" ne touchent pas à ma persévérance. Ils érodent ma confiance à en parler, mais c'est autre chose - je ne parle pas de moi, dans ce post.

A chaque fois vous laissez entendre que les écrits de quelqu'un ont moins de valeur parce que l'idée de la publication est dans sa tête, vous laissez une marque. Si vous n'y faisiez pas attention, je pense que vous le devriez. Les écrivains qui ont la plus grande sensibilité pour créer des textes fabuleux sont ceux que ces commentaires écraseront le plus facilement.

Quand j'ai ouvert Dernier mot, c'est à eux que je pensais. Arrêtez de penser aux abrutis qui pensent que leurs écrits sont meilleurs que tout ceux existants sur la planète, parce que ces personnes ne lisent pas vos messages. Ceux qui sont curieux d'apprendre le font, par contre.

*arrachage de cheveux*

  • 14 mai 2006 at 6:32 PM
Orage
Putain, auteurs que j'aime, arrêtez de poster des putains de posts politiques racistes. Si c'est "faire comprendre par exagération", c'est minable, si vous pensez vraiment ce que vous écrivez, c'est... eurgh. Bon sang!

>o<

Prenons ça comme un signe que Je Dois Aller Bosser. Rah, ça me dégoûte. Sérieux, gardez la politique en dehors de vos blogs focalisés sur l'écriture, je vais essayer de faire pareil (ne plus ultraaa subtilement insulter Bush, disons) mais, argh, argh, ARGH.

Sérieux, il me faut un punching ball.

Question

  • 19 mar 2006 at 2:08 PM
licorne ailée
Disons qu'il y a cet auteur, très-très connu. Vous n'avez pas encore lu une de ses oeuvres de fiction, mais il a écrit plusieurs livres sur un sujet qui vous intéresse - au hasard, l'écriture - que vous avez trouvé merveilleusement utiles.

Et puis vous découvrez qu'il écrit des articles en contradiction totale sur un sujet qui vous touche énormément, qui vous tient, vraiment, vraiment à coeur. Au hasard, ses articles sont sur "pourquoi il faut criminaliser l'homosexualité" et la pléthore de "péché", "mauvais" qui va avec.

Remplacez les "au hasard" par des sujets qui vous touchent, vous.

Qu'est-ce que vous faites ?
Il est un auteur reconnu dans un genre qui vous intéresse. Est-ce que vous achetez ses romans ? Les empruntez ? Les oubliez ?
Ses livres non-romanesques vous ont été indéniablement utiles, et il en a écrit d'autres. Est-ce que vous vous passez de cette littérature dont vous savez qu'elle vous servirait ? Vendez ceux que vous avez déjà ?

Je ne demande pas ça en tant que "je ne sais pas quoi faire" - j'ai pris mes décisions. Mais je serais vraiment curieuse de savoir comment vous réagissez, vous - que je vous connaisse ou non, j'aimerais beaucoup connaître votre opinion.

Plan v2, Respect

  • 18 mar 2006 at 10:55 PM
flammes
Je suis en train de modifier mon plan d'écriture, l'adapter à ce que j'ai pu constater durant ces derniers mois et le faire passer à la puissance 2, aussi. Les changements sont suffisamment importants pour m'obliger à repenser mon organisation pour mes études aussi, si je veux réussir sur les deux plans mais je suis motivée. Je commence les préparations demain et je commence le nouveau plan dès lundi.
Premier compte-rendu dans 10 jours, sans doute. Je préfère ne pas donner de détails avant, me lancer juste avec mon instinct sans "attention à" ou "bon courage". C'est personnel et ça ne s'adapte qu'à moi, tel que c'est, et tant que j'en suis au stade "tremper le gros orteil pour tester la température" je veux que ça n'appartienne qu'à moi.
Ca me fait sourire parce que je raisonne de la même façon quand je suis enthousiasmée par une toute nouvelle idée, ou un tout nouveau petit copain ;) Dans tous les cas, c'est gênant quand 3 jours après il faut expliquer que "hum, non, en fait."

~*~

A part ça, j'ai aussi pris une autre décision dont la mise en place risque d'être plus lente ;) Je survolais les commentaires d'un post de blog et celui-ci, à propos des auteurs qui bloggent en long, en large et en travers sur combien ils détestent l'histoire qu'ils écrivent actuellement [ANG] m'a fait m'arrêter. Je me suis dit "Oh. Ce serait pas moi, ça ?" (dans le sens "comme moi", pas "parle de moi en particulier", hein) et même si je ne compte pas envoyer Les Plumes Oubliées sur le chemin passionnant et sans pitié du "Tentons la publication", je me rends compte que je ne me comporte pas "bien". Décrier dès que j'en ai l'occasion LPO, c'est manquer de respect envers moi-même, envers mon travail, envers l'histoire et envers les gens qui en ont lu une partie et l'ont sincèrement appréciée. Peut-être aussi envers les gens de passage sur ce blog.
Ca ne veut pas dire que je vais tomber dans l'excès inverse et me passer continuellement de la pommade. La vérité c'est que j'ai perdu toute objectivité par rapport à ce projet, il y a eu toute cette période vers la fin du milieu où je serrais les dents pendant l'écriture en pensant "Merdique-merdique-merdique" et là, maintenant que j'attaque le début de la fin, et que ça roule, roule, distillons les informations-clés, résolvons les problèmes je fais des bonds dans ma chaise en souriant de toutes mes dents. Même si les doutes reviennent à un moment ou à un autre.
Quel que soit le sentiment qui m'anime par rapport à LPO, je m'accroche à une idée : il y a les révisions qui arrivent. La formulation de cet espoir varie en fonction de mes humeurs : pour corriger, ou réécrire, ou rendre encore meilleur. Le fait est que je n'en ai pas fini avec cette histoire, que tout ne peut aller que pour le mieux parce que j'y suis toujours attachée et des gens sont prêts à m'aider à éviter de tomber dans les pièges qui m'attendent. Phylia, Freyja : MERCI, pour avant et pour ce qui va venir ^__^

Donc je vais travailler mon mental pour être un chouilla plus généreuse avec moi-même. La réalité, c'est que lorsque l'on fait bien quelque chose - et je parle de façon générale, pas des Plumes en particuler - on créé des attentes, et c'est encore pire si on le fait bien plusieurs fois. Au final on a droit à un haussement d'épaules accompagné d'un "Normal" quand on accomplit quelque chose, et à un "Ben qu'est-ce qui t'arrive ?" avec prise de température ou regard déçu s'il y a une baisse de régime à un moment ou à un autre. Je déteste ça.

Et je me rends parfaitement compte qu'il s'agit d'un comportement terriblement lâche. C'est pour ça que j'ai décidé de travailler là-dessus, même si, bon, hein, c'est pas le genre de choses qui changera en une semaine ou deux. En fait il faut vraiment que j'arrive à m'en foutre de ce que veulent et pensent les autres. Ou que je m'en foute encore plus que maintenant ;) C'est plus dur d'accepter un "Ben, Leippya !" de la part de quelqu'un qu'on respecte un tant soit peu, c'est tout.

Il n'y a pas d'âge pour écrire

  • 10 mar 2006 at 4:57 PM
lune
Ok, je pense que je suis suffisamment calmée par rapport à hier pour tenter un post sérieux.

Déjà, même si j'ai l'air de dire des choses qui contredisent plus tard, je tiens vraiment à insister là-dessus : il n'y a pas d'âge pour écrire. Dans un sens - "pas assez d'expérience, trop jeune pour être édité" - ou dans l'autre - "trop vieux pour commencer une carrière, plus en phase en avec ce qui se passe/intéresse maintenant".

J'avoue que je ne sais pas beaucoup de choses sur la 2ème catégorie, mais j'ai lu des questions qui faisait part de ces craintes sur des forums et des blogs d'agent. Des gens repoussent toute leur vie leur envie d'écrire - "pas le temps, quand je serais à la retraite" - et quand ils y arrivent enfin, ils ont peur de ne pas intéresser les éditeurs parce que leur carrière ne va pas durer aussi longtemps que celle de quelqu'un plus jeune.

Par contre j'aurais tout un tas de choses à dire sur la première catégorie. Ecrivez, écrivez, écrivez )

Bref, la deuxième partie, un truc qui m'ennuie un peu dernièrement. Déjà, je tiens à préciser : j'aime pas les gens qui se la pète en règle générale, que ce soit justifié ou pas et ce quel que soit leur âge. Le "Show Don't Tell" ça marche pour la vie en général aussi, et PBW [ANG] déborde de classe par exemple et a accompli plein de trucs absolument WAHO au niveau écriture qui me laissent sur le cul, mais elle ne se vante jamais. Elle exprime les choses comme elles sont, à vous de vous faire votre idée.
Ce à quoi je veux en venir : récemment, je suis tombée sur le blog d'un auteur de 15 ans, qui quand il parle de l'écriture de romans dit qu'il s'agit de son "domaine d'expertise", par exemple, et ça me hérisse ).

Bon, ce post ressemble un peu trop à un auto-psychanalyse bricolée, désolée pour ça. Disons que ça me ferait vraiment chier de devenir une connasse intolérante, mais apparemment il y a des comportements que je ne supporte pas, d'une façon ou d'une autre. Peut-être que c'est en réalité un simple problème d'interprétation de ma part, et très certainement ce type n'a rien de méchant, juste une passion qu'il vit à fond. Et je respecte ça. Mais avant d'accepter des déclarations et enseignements, bouche grand ouverte et yeux écarquillés, j'ai besoin de l'assurance que la personne est quelqu'un de bien et a) passionnée (qu'on le sente) et/ou b) elle a des crédits, autre chose que "J'ai 15 ans, écrit 6 romans, trois publiés à compte d'auteur". Je dois réellement avoir des préjugés en fait, qui veulent "juste" dire que lui devra travailler plus dur pour me convaincre. Mais malgré mes nombreux défauts, je laisse toujours ouverte la possibilité d'être convaincue, de changer d'avis. Dans le cas présent, je suppose même que j'ai envie d'être convaincue, mais je reste très, très dubitative. Je continue de lire le blog, pour essayer d'entendre la voix en-dessous de la carapace que je trouve arrogante.

Et je continue d'avoir du mal avec les gens qui se mettent en avant en roulant des mécaniques, désolée. C'est sans classe, en plus.

De la socialisation des écrivains

  • 02 oct 2005 at 5:11 PM
espace
C'était ce qui était censé être le thème de vendredi, et puis j'ai voulu écrire le post hier mais au final je suis restée les yeux dans le vide pendant une demi-heure à réfléchir à une amie que j'ai perdu (pas la première, certainement pas la dernière) mais avec qui la cassure ne semblait pas être nette. Ahem, bref, commencer par digresser ça craint.

Les écrivains sont quasiment toujours décrits ou imaginés comme étant des solitaires, et c'est un post de Regina [ANG] qui a commencé à me faire réfléchir là-dessus. Elle commence par une citation d'une autre auteure, qui explique que les organisations d'écrivains connaissent pas mal de difficultés parce que, par définition, les écrivains préfèrent leur propre compagnie à celle des autres. Ca m'a fait tiqué. Je veux dire, commençons par mettre les choses à plat : je suis à des années-lumière d'être une Bête Sociale, du genre celle qui est de toutes les fêtes et autres événements du genre. Mais ça ne m'empêche pas d'adorer rencontrer des gens - vraiment, vraiment. Il y a la partie "ah ! une nouvelle personne avec son caractère, son histoire, ses tics, sa façon d'être et tout" et il y a la partie "un nouvel ami potentiel". En d'autres mots, la partie "écrivain fascinée en chasse" et la partie "essayons de ne pas considérer tous les êtres humains dans une optique 'comment piquer des bouts de leur vie ou d'eux en général pour une histoire'". Ahem. Ca ne veut pas dire que je n'aime pas passer du temps toute seule, surtout qu'en règle générale, quand on écrit on est seul avec son cahier ou son écran (et là [info]phylia arrive en agitant son cross-over écrit en collaboration, mais je parle en général ;)). J'aime bien qu'on respecte ma solitude mais je n'aime pas qu'on fasse pour autant l'association avec "l'intellectuel dans sa tour d'ivoire" et autres idioties du genre - je ne suis pas sûre que ce soit possible de nos jours de toutes façons. En fait je m'énerve juste contre les généralités encore une fois. Ce n'est pas parce qu'on écrit qu'on est reclus, isolé et incapable de passer du temps avec d'autres personnes : c'est vrai qu'on n'est pas toujours compris, mais moi je ne comprends pas non plus pourquoi ça amuse des gens de s'égosiller devant des matchs de foot, ou de mettre en péril leurs études et leur santé en s'impliquant trop dans un jeu vidéo, ou encore pourquoi des filles passent des heures à essayer toutes les fringues d'un magasin alors qu'elles n'ont pas de quoi s'acheter un paquet de chewing-gum. Ca m'échappe, ça me fascine (tout en m'horifiant parfois) et tant qu'on ne me force pas à participer ou qu'on ne me reproche pas de pas comprendre, ça va. C'est pareil pour tout le monde, on a des différences qui nous font paraître comme des extra-terrestres aux yeux de certaines personnes. Qu'on écrive ou pas. Je me demande si c'est pas un genre de victimisation en fait. Parce qu'une chose que je crois, c'est que les écrivains sont plus sensibles que les autres - Holly Lisle [ANG] en parle dans un de ses articles qui m'a particulièrement touchée - et cette sensibilité fait qu'on accepte moins bien ou mal le fait que notre différence ne soit pas acceptée, justement. Donc on se replie sur soi. Mais obligatoirement associer écrivain et solitude ? Non, je ne crois pas, pas dans mon esprit en tout cas. Quand on écrit on parle de l'humain, on cherche à le comprendre, on offre une partie de la vision qu'on a de notre espèce, ce qu'on pense de certains de ses aspects, les beaux ou les moches ou les deux. Encore une fois tout est une question de dosage, d'équilibre : on a besoin de temps avec les autres, et de temps avec soi-même, ne serait-ce que le temps dont on a besoin pour écrire et vivre notre passion.
Le problème étant que rien qu'en écrivant ça, moi aussi je fais une généralisation. Hey.
Pas bien, mais ça ne change pas mes convictions...

Et pour terminer sur une note légère, trouvé par l'intermédiaire du blog de PBW [ANG] : le PQ personnalisable [ANG] avec vos lettres de refus !! C'est un peu cher, mais rien de savoir que ça existe ça a un tit côté réconfortant... ;)
papillon noir
Il y a des gens qui font se sentir grand, et d'autre qui écrasent et drainent complètement. A tous les niveaux : dans les blogs d'auteurs professionnels, dans les échanges entre amateurs, parfois même dans des conversations de vive voix. Je l'ai déjà dit et répété des dizaines de fois, mais j'adore Holly Lisle [ANG] pour ça, parce que quand je lis ses articles sur l'écriture je me sens gonflée à bloc, je me dis que j'ai le droit d'y croire et que je peux y arriver si je m'en donne la peine. Parfois, quand je parle ou lis une de ces personnes tellement écrasantes qu'elles me vident de tout espoir, je me dis que mes ambitions sont ridicules et que je devrais me cacher pour écrire, ou peut-être même arrêter si ça se passe durant une de mes périodes de doutes. Je ne pense pas que ces personnes le fassent consciemment, et je crois que cela dépend aussi de la personnalité de la personne qui reçoit/lit le message. Mais l'effet reste le même. En théorie, je devrais essayer de rester loin de ces personnes et de ces blogs qui me font me sentir tellement nulle et incapable, mais en pratique parfois j'admire ces personnes, ou je les aime bien, mais surtout je suis consciente qu'elles ont malgré tout quelque chose à m'apprendre, parce qu'elles ont une expérience de l'écriture que je n'ai pas - même si nos niveaux ne sont pas forcément différents, nos chemins le sont et on a toujours quelque chose à apprendre d'un camarade écrivain. En fait je ne suis pas capable de m'éloigner de ces personnes. J'ai trop peur de rater quelque chose qui pourrait m'aider à être moins nulle, ou à devenir meilleure selon mon état d'esprit du moment ;) Je ne suis pas capable de cliquer sur "Effacer" ou de dire à quelqu'un "pardon, je ne veux plus qu'on se parle, tu tues mon envie d'écrire".

Tout cela était un gros, gros souci pour moi jusqu'à très récemment.
Je vis en Irlande.
J'ai réalisé un de mes rêves, et je continue de vivre dedans, et je ne compte plus le nombre de jours où j'ai pensé "ce que je suis contente d'être en vie !" depuis que je suis ici. Je suis en train de devenir consciente que c'est possible de réaliser ses rêves si on est prêt à fournir les efforts nécessaires, et d'une façon que je n'aurais pas pu imaginer ça a des échos sur ma perception de ma propre écriture - je prends confiance. Je sais que je ne suis pas mauvaise, je ne suis pas particulièrement bonne non plus mais j'ai envie de progresser. Mon but ce n'est pas de devenir une auteur de best-sellers internationaux, c'est d'arriver au moment où je pourrais écrire le mot "FIN" dans mon roman actuel. Et le corriger, pour le rendre un peu meilleur, et puis passer au suivant, et ainsi de suite. Les draineurs ne me drainent plus, ou ils le font moins en tout cas parce que j'ai compris quelque chose d'important, et cette compréhension on ne peut pas me l'enlever (enfin, je ne crois pas !). Maintenant ils ont juste tendance à m'énerver quand ils appuient sur les points qui sont censés faire mal... ;)

Mais je me fais la promesse de ne plus me sentir ridicule de vouloir écrire. Bottage de fesses autorisé si j'ai l'air de l'oublier. Non mais !

Imposer sa façon d'écrire

  • 08 sep 2005 at 9:17 PM
lune
Il y a des gens qui m'impressionnent, dans le sens le plus mauvais et dédaigneux du terme. Ils trainent sur les forums ou newsgroups qui parlent d'écriture - ce qui, en soi, implique un certain sens de la communauté - et puis comme ça, quand ça leur prend, au détour d'un post ils expliquent comment on doit écrire. Pas *leur* façon d'écrire, mais la façon d'écrire. La personne qui a la Palme dans cette catégorie a posté dans un newsgroup de SFF [ANG] il y a quelques mois. Je ne me souviens plus trop comment la conversation a démarré - en fait ça n'a même pas d'importance, quelqu'un exposait un problème, quelqu'un d'autre lui donnait un conseil, avec dans sa signature l'adresse de son blog.

Mister BigTrouduku s'incruste à ce moment-là : il a été lire le blog du donneur de conseil et a répondu au dernier post du blog *sur un forum public*, quasiment ligne-par-ligne, en expliquant pourquoi sa méthode d'écriture était mauvaise et n'aboutirait à rien, mais vraiment de la merde, tu peux arrêter maintenant mon gars - mais comment est-ce que tu as pu ne serait-ce que nourrir l'illusion d'être capable écrire ! Sur le blog la personne exposait ses doutes et sa frustration d'avancer lentement, parce que dès qu'elle écrivait elle était constamment interrompue, et qu'elle avait peu de foi en ses capacités. Elle aspirait à se ménager deux heures complètes, pour pouvoir vraiment se plonger dans son histoire.

Pour Mr TDK cette personne est vouée à l'échec, parce qu'il est absolument EVIDENT que si on n'écrit pas 4 heures (c'est de la citation-traduction, hein, j'invente rien) au MINIMUM, tous les jours - et sans aucune interruption, bien sûr - on ne peut rien faire de bon, ce n'est pas du "vrai travail", c'est simplement se bercer d'illusions. Parce qu'écrire un roman, ce n'est pas un loisir, voyez-vous, c'est quelque chose qui doit être considéré sérieusement. Et de conclure avec un "si tu ne peux pas t'isoler 4 heures par jour, range tes notes dans un tiroir pour de bon et trouve quelque chose de mieux à faire avec ton temps, parce que chaque fois que tu passes 15 minutes sur ton roman tout ce que tu fais c'est gâcher 15 minutes, parce qu'en écrivant comme ça tu n'écris pas un roman". Sans oublier la petite remarque "bienvenue dans le monde réel". Quelqu'un aurait un bâton à portée de main ?

Qu'est-ce que ça peut m'énerver les gens qui se prennent trop au sérieux comme ça. Je veux dire, admettons, monsieur a raison : pour écrire un roman qui tient la route, il faut travailler-dessus-sans-interrumption-quatre-heures-minimum-tous-les-jours. Quelqu'un trouve l'incohérence, tic-toc ? Tout le monde n'écrit pas avec le même but, même pas l'idée de publier - peut-être que la pensée est là, parfois ou souvent, mais ça ne veut pas dire qu'on compte agir en conséquence. On écrit pour soi, avant tout non ? Il lui dit d'abandonner l'écriture, c'est grave quand même ! C'est ultra-facile d'écraser les aspirations des gens, et pour autant que je sache Mr TDK pourrait être un auteur à succès avec des dizaines de livres sous la ceinture, ça ne change rien pour moi : il reste un trou du cul profond. La personne qui bloggait n'était pas prétentieuse ou sur-ambitieuse : elle exprimait juste ses difficultés à conjuguer vie quotidienne et passion exigeante.

Je ne sais pas, je ne comprends pas. Juste des théories, mais qu'est-ce que ça donne d'être aussi cinglant ?
Comme s'il n'existait qu'une seule manière d'écrire un roman, qu'une seule manière de trouver un accomplissement dans l'écriture, qu'un seul objectif possible quant à l'écriture d'un roman. Peut-être qu'il a la satisfaction de la publication (c'est une supposition de ma part, parce qu'il faudrait vraiment avoir du culot pour dégommer les gens comme ça en étant aspirant !) mais j'ai l'impression qu'il a raté quelque chose, quand même, quelque part...

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